Un film mal engagé sur la spire
C'est de très loin la première cause de désastre. Si deux spires du film se touchent, le révélateur
ne circule pas et l'on obtient des demi-lunes claires ou des bandes entièrement transparentes. La
parade est purement mécanique : entraînez-vous avec un film perdu, à la lumière d'abord, les
yeux fermés ensuite, jusqu'à ce que le geste devienne automatique. Une spire parfaitement sèche est
indispensable : la moindre humidité bloque l'enroulement.
Un fixateur épuisé
Le fixateur se réutilise, mais pas indéfiniment. Épuisé, il laisse un voile laiteux qui ne part
pas au rinçage. Le test est simple et prend une minute : plongez une amorce de film dans
quelques millilitres de fixateur et chronométrez le temps qu'elle met à devenir transparente. Si
ce temps a doublé par rapport au premier usage, changez le bain.
Des écarts de température entre les bains
Passer d'un révélateur à 20 °C à un rinçage à 8 °C peut provoquer une réticulation, c'est-à-dire
un craquellement de la gélatine, irréversible. Gardez tous les liquides, rinçage compris, dans une
plage resserrée autour de la température de travail. En hiver, l'eau du robinet est le principal
piège.
Un séchage dans une pièce poussiéreuse
Le film mouillé attire tout ce qui vole. Chaque poussière collée devient un point blanc à retoucher
sur chaque tirage. Le meilleur endroit est une salle de bain dont on a fait couler la douche chaude
quelques minutes avant, porte fermée : la vapeur plaque la poussière au sol. Suspendez le film
lesté d'une pince, et ne le touchez plus.
Ouvrir la cuve trop tôt
Tant que le fixateur n'a pas agi, le film reste sensible à la lumière. Ouvrir la cuve entre le
révélateur et le fixateur voile tout, définitivement. C'est une erreur rare mais totale : dans le
doute, attendez la fin du fixateur, jamais avant.